Critique of Beep Beep A Journey in France

BEEP BEEP : A Journey in France, écrit et illustré par Pauline Lévêque

Ecrit par Valérie Debieux 29.11.13 dans La Une LivresLes LivresCritiquesJeunesse

 

BEEP BEEP : A Journey in France. Ed. Pauline Léveque. Septembre 2013. 32 p. 10 €

Ecrivain(s): Pauline Lévêque

 

Un monde, tout en couleurs, immense, avec ses terres et ses mers, son ciel céruléen et, là, au milieu de cet univers cyclopéen, une toute petite voiture, rouge, appelée «Beep Beep», au caractère bien trempé, pleine de douceur et de vie, avec, sous le capot, une grande soif, celle d’apprendre et de découvrir.

 

Installée sur une plage de la Bretagne armoricaine, Beep Beep contemple les voiliers, elle les admire, jouant avec l’eau et le vent quand, soudain, au loin, elle aperçoit une île. Sans en connaître la raison, elle sait qu’elle doit s’y rendre. Un seul moyen pour y aller, le ferry. Et là, l’aventure commence. La courroie de l’alternateur tendue, le cardan fébrile, Beep Beep monte, pour la première fois, sur la plate-forme arrière d’un traversier. Plus le bateau transbordeur s’éloigne de la côte, plus le mouvement de houle s’amplifie ; le ferry n’est alors plus qu’un jouet, choqué par les vagues, aspiré par les creux. Le mal de mer s’empare de la petite auto, au point de changer sa couleur en un rose punk pétaradant. Et, après quarante-cinq minutes, longues et cauchemardesques, le chahut cède la place à la tranquillité des eaux portuaires de Belle-Île ; l’accostage terminé, Beep Beep, soulagée et souriante, peut enfin quitter le ferry pour visiter l’île. Une rencontre merveilleuse l’y attend…

 

Avec sa frêle héroïne à quatre roues, Pauline Lévêque emmène ses jeunes lecteurs à bord d’une très jolie histoire empreinte de fraîcheur et de douceur, propre à l’imaginaire des enfants. Le récit prend appui sur des aquarelles illustrant à merveille le périple de Beep Beep et il forme avec elles une belle unité. Chacun peut lire cette histoire, l’âge des souvenirs importe peu. Au contraire. Ainsi que l’écrivait Talleyrand à l’une de ses amies, à propos de ses promenades, avec sa fille Charlotte, alors âgée de dix ans : «Je lui raconte des choses qu'elle ne sait point, et elle m'en dit que je ne sais plus et que j'aime». Il en va de même avec ce bel ouvrage : sa lecture enchantera celui qui la parcourra.

 

Valérie Debieux